Geisha

Publié le par Le Blog Nippon

geisha

 

Le titre est trompeur, il s'agit en fait d'une maiko, autrement dit une apprentie geiko/geisha. Je l'ai croisée dans la rue de notre auberge, rue qui s'est avérée être un hanamachi. Qu'est-ce qu'un hanamachi me direz-vous ? Et bien c'est un quartier dans lesquels se rassemblent des maison de geisha (les Okiya) et de thé. Au fil des jours, nous nous somme aperçus que notre auberge à Kyoto était effectivement entourée d'okiya d'où sortaient et entraient promptement nombre d'apprenties geisha. Agréable et pittoresque surprise.

Certains d'entre vous le savent peut-être déjà mais le mot "geisha" signifie "artiste" en japonais. Le mot "geiko" (qui est plus utilisé à Kyôto apparemment pour désigner ce que nous appelons "geisha" en France) signifie "enfant des arts". Ce ne sont bien entendu pas des prostituées, mais des dames de compagnie qui pratiquent les arts traditionnels japonais. Entrainées rudement pendant des années à l'art de la danse, du récit, de la musique et du chant, mais aussi à l'art de conversation et aux jeux de boisson. En effet, si autrefois elle étaient souvent vendue aux okiya dès leur plus jeune âge, elles entrent de nos jours en apprentissage dès l'âge de 15 ans, travaillent au service de leur maison pendant plusieurs mois, atteignent au statut de maiko après que leurs aptitudes aux arts traditionnels et au raffinement japonais aient été sanctionnés par un examens exigeant pour enfin devenir officiellement geiko 5 à 7 ans plus tard. Autant dire que ce n'est pas beaucoup moins long que des études de médecine... 

Leur situation et leur statut ont beaucoup évolués dans le temps, et si elles ont été considérées comme des avant-gardiste autrefois, elles sont devenues aujourd'hui de véritables gardiennes des traditions anciennes, notamment du point de vue de la place de la femme dans la société. Mais saviez-vous qu'à l'origine ce métier était pratiqué exclusivement par des hommes ?

Quoi qu'il en soit, leur raffinement et leur style font l'objet de beaucoup d'admiration. De ce fait, à Kyôtô, de nombreux studios spécialisés se proposent de déguiser les touristes en maiko. On croise souvent de fausses maiko, qui s'amusent et défilent dans les lieux touristiques. 

Il est bien difficile pour notre oeil occidental de faire la différence entre les vraies et les fausses. De même qu'il sera difficile de faire la différence entre une geisha et une apprentie geisha. Mais je me suis bien renseignée pour ne pas m'y tromper ! Sur cette photographie, on voit aisément que c'est une véritable apprentie car elle porte un long manteau sur son kimono pour le protéger de la pluie (un kimono de maiko/geisha peut coûter autours de 5000 euros !). En général, les touristes veulent parader avec leurs kimonos bariolés si bien qu'elles ne recouvrent pas leur joli costume d'un manteau. Par ailleurs, la coiffure des maiko est stylisée en fonction du mois et de la période de l'année. Souvent, les établissements qui offrent de déguiser les touristes japonaises, ne respectent pas les codes extrêmement précis qui régissent l'habillement et les accessoires des jeunes maiko. 

Conformément à l'image que l'on se fait des geisha, cette jeune apprentie porte un lourd fard blanc qui recouvre son visage et tout son buste. Il parait qu'autrefois, les éclairages étant faibles et bien entendu non-électriques, cela permettait à ces jeunes femmes de paraitre extrêmement lumineuses dans la pénombre. Cependant, une fois qu'elles ont atteint le statut de geisha, elles ne sont plus obligées de porter ce fond de teint blanc. Ici, comme vous pouvez le voir le cou n'est pas entièrement recouvert de blanc, il s'agit d'une mise en valeur de la nuque, partie du corps considérée comme hautement érotique. La coiffure des maiko fait l'objet de séances de coiffeurs certainement interminables toutes les semaines, mais une fois montée, elle ne la défont pas avant de retourner au salon de coiffure. D'où les fameux "oreillers" surélevés et faits de bois incurvé pour maintenir le cou au dessus du sol pendant le sommeil.

 

Enfin, tous ces éléments en font des personnages à part dans le paysage japonais, qui donnent, quand on en croise, la sensation déroutante d'avoir fait un bond dans le temps. Je ne suis pas spécialiste sur le sujet, alors j'espère ne pas avoir écrit de bêtise. Si vous avez des questions, je m'efforcerai d'y répondre, ou du moins, d'aller chercher les réponses au bon endroit.

 

Anaïs

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